Les seigneurs du crépuscule – Sophie Soibinet – Le héron d’argent – Critique littéraire

Introduction
« Il était peut-être temps d’admettre qu’il était loin de n’y avoir qu’une seule voie à travers l’existence. Alvaren, Sandorias, les guildes dévotes ou même les navgils : aucune de leur vérité n’était absolue. » page 167
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Bonjour à tous, pensez bien à votre gilet de sauvetage et embarquer avec moi dans cette chronique très maritime du one-shot « Les seigneurs du crépuscule » de Sophie Soibinet aux éditions Le héron d’argent. Sortie en 2021, cette fantasy mérite que l’on s’y attarde tout autant aujourd’hui ! Découvert au Festival du livre de Paris, je ne regrette pas du tout cet achat inattendu !
Résumé
Dans un monde hostile, les continents sombrent un à un dans les profondeurs des eaux primordiales. Les rescapés se livrent une guerre impitoyable pour le contrôle des dernières terres émergées.
Gladiateurs du désert, mages humains sournois, amazones des jungles du Solstice, Seigneurs Léviathans sur leurs navires-mondes : tous se savent condamnés.
Sur le banc de rame d’une galère de cruels reptiles apatrides, Raïk, mains ensanglantées sous l’effort et avide de vengeance, scrute le ciel étoilé. Les terrifiantes tempêtes suivant le sillage brûlant de la comète Askahe lui donneront peut-être l’occasion de s’enfuir… ou de mourir au combat.
L’Eau et la Terre s’affrontent dans une ultime danse macabre…
Univers et style
Dans « Les seigneurs du crépuscule », vous plongez dans un archipel menacé par la montée des eaux ainsi que des guerres et conflits de terre émergée et de fidélité. Cette fantasy one shot, possède sa magie, son histoire, ses légendes, son passé, ses prévisions, ses propres lunes, divinités, lois de la nature.
Vous l’aurez compris, vous rentrez dans une œuvre vaste qui vit après et avant notre lecture.
Le style est allié au genre du roman, c’est-à-dire complet avec un vocabulaire précis. Par exemple, le texte ouvre sur un bateau et on voit le travail de recherche. Heureusement, le style est très immersif et, si l’œuvre peut paraître complexe, on se prend vite au jeu et ce qui la rend vraiment passionnante pour moi. C’est sa Culture avec ce C majuscule représentant la myriade de diversités culturelles que j’ai retenu. Chaque peuple à ses croyances, chaque individu une vision des terres de la mer et du ciel.
« Son pays, avant tout, avait besoin de son aide. Ou bien l’inverse? N’était-ce pas elle qui avait besoin de faire quelque chose, n’importe quoi, de se sentir utile, de ne pas croire qu’elle avait enduré tout cela pour rien? Il devait bien y avoir un sens à toutes ces souffrances et ces morts… Ou au moins une issue : la libération d’Alvaren. Elle y œuvrerait donc, afin que toutes leurs pertes n’aient pas été vaines. » page 73
Personnages
On retrouve moins de 10 personnages centraux dans le récit, mais ils apportent tous une part de l’univers pour construire l’histoire. Pas un seul ne se retrouve dans un rôle trop en retrait. Ils sont tous à leur place et apportent une diversité d’esprit qui a été pour moi la force de ce one-shot. Leur divergence, leur désaccord, leur culture personnelle ont forgé leur caractère. Avec leurs et pas contre leurs expériences et elles construisent leur relation avec les autres.
Ceux pour qui ce contact contraste créent un débat intérieur intense pour le lecteur, c’est entre Runes et son frère Raïk. Les choix qu’ils doivent faire pour avancer mettre l’intrigue sur un chemin escarpé et dont l’issue est incertaine jusqu’au bout.
Toutes leurs visions valent la peine d’être écoutées. C’est le sentiment que j’ai gardé de cette lecture.
Histoire
Difficile de la décrire sans en effacer l’étincelle. Un royaume en conflit, des rencontres, des décisions, un passé, une comète, un avenir. Les routes se relient, se séparent aussi. Choix politique, choix personnel, quête de fantasy qui a sa part d’originalité, mais conviendra à ce qu’on attend du genre. Il n’y a parfois pas besoin de grand-chose pour être unique.
« Quand il m’a parlé ce jour-là, je me suis demandé si, débarrassé de tout ce poison qui était mon seul moteur jusqu’ici, je pourrais voir le monde de la même manière que lui le voyait… J’ai eu envie d’essayer. Je ne l’ai jamais regretté depuis. » page 133
Conclusion
J’ai énormément apprécié cette lecture. Attirer par sa carte, conquise par ses messages. Je la recommande à tous ceux qui aiment les aventures de high fantasy et les personnages profonds.
N’ayez pas peur de son tome unique. Il sait prendre son temps en poussant son univers et ses personnages, mais il sait aussi quand avancer.
Maîtrisé, c’est le mot pour décrire ce roman.
Bonus : Les illustrations en couleurs à l’intérieur sont magnifiques et offrent des détails sur les héros que l’on comprend une fois la lecture finis.
Alors, il vous donne envie ?
Les cartes de Tahsin

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