Le voile entre les Mondes – Eva Orbelune – Avis littéraire

[Collaboration commerciale non rémunérée]
Introduction
Un récit contemporain féministe et bienveillant.
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Il y a eu le feu, il y a eu les pertes, et il y a eu la vie qui gagne et murit. Bienvenue dans cette chronique de « Le Voile entre les Mondes » d’Eva Orbelune. Roman sorti en 2023, toujours d’actualité et nécessaire pour tous ceux qui s’ouvre ou s’intéressent à la construction des femmes dans la société, les cases, les inégalités, le manque de liberté.
Merci à l’autrice de sa confiance pour m’avoir envoyé ce service de presse.
Résumé :
Lucinda ouvre les yeux dans les flammes : son appartement brûle.
Si elle échappe à l’incendie, elle effleure le Voile entre le monde des vivants et celui des morts, cette frontière qu’elle distingue depuis l’enfance comme les autres femmes de sa famille. Il s’en est fallu de peu qu’elle accompagne son mari dans l’au-delà.
Quand elle revient au monde, ses repères sont bouleversés. La perte de son époux l’a dévastée et elle se retrouve seule avec ses deux enfants. Mère, sœur, épouse : plus que jamais, elle prend conscience des rôles sociaux imposés aux femmes. Jour après jour, Lucinda apprivoise le deuil en inventant de nouvelles façons d’être mère.
Tel le phénix, peut-être renaîtra-t-elle de ses cendres…
Histoire
Un incendie brûle toute la vie que s’est construite Lucinda jusque-là. Son conjoint y décède même ce maudit jour. La vie de cette jeune femme change alors de direction et tout en elle se brise. Sa condition de femme, d’épouse, de mère, de sœur, de fille. Tout est à reconstruire. Ce qu’elle veut faire de sa vie, ce qu’elle veut donner à ses enfants, les combats qu’elle veut mener, les gens qu’elle veut côtoyer.
Le sort s’acharne, parfois la vie est ainsi. Lucinda fait de son mieux, craque, avance, recule, vie.
Ses douleurs ne restent, pour autant, pas sans réponses et un cadre bienveillant guidera notre héroïne. Effet papillon, les choix et les actions mèneront peut-être plus loin pour une vie en accord avec soi-même.
Cette histoire est un parcours, une tranche de vie qui suit la reconstruction d’une femme après un terrible accident. Elle aborde messages et réflexions avec sensibilité, parle de certains tabous, comme les difficultés d’être mère ou veuve, la mort, les préjugés, les attentes.
« Je sais qu’être parent est difficile, qu’on fait souvent ce qu’on peut et pas ce que, peut-être, on devrait. Parfois on se trompe, parfois on trébuche et souvent la culpabilité nous ronge à l’idée d’avoir fait souffrir nos enfants par mégarde, par négligence. » page 133
Cette histoire est une fiction, mais on sent la force d’un message de notre époque qui doit être entendu !
Univers
De 2011 à 2017, cette lecture nous entraîne dans les moments de vies significatifs de Lucinda. Son travail à l’hôpital, sa maison familiale, ses enfants, les cours de danse, le cimetière, le café. Des instants qui ouvrent des chemins, des réflexions et des voies.
Ce texte possède une touche de magie, en lien avec les fantômes, presque comme une métaphore. Rien qui ne fasse faiblir la réalité des messages et de cette vie qui nous est offerte pour apprendre de ses forces et faiblesses.
Un monde dur et humain, mais un texte familial et profondément bienveillant. Parfois lourds, mais toujours léger d’une certaine façon. Les choses pèsent, forment des hauts et des bas, le chemin n’est pas une ligne droite, mais le texte ne m’a pas pesé sur le cœur. Il l’a plutôt ouvert.
« À l’échelle du monde, nos efforts individuels ne sont que les battements d’ailes d’un papillon et peuvent paraître inutiles. Mais à l’échelle de notre environnement proche, à l’échelle de ce qui définit notre monde personnel, nos efforts peuvent tout changer. » page 219
Personnages
J’ai aimé l’aspect sororité, found family qui alimente les pages au fur et à mesure et aide à construire.
Lucinda est une héroïne profondément humaine. La suivre est logique, prend une forme non pas de morale, mais d’apprentissage. J’ai aimé que le livre la laisse être forte, mais aussi perdu, sensible, en colère, triste, apeurée et tout le reste. On comprend tous ces choix, écoutons toutes ces pensées, même celles qui pourraient déranger, mais qui ne le devraient pas ! Lucinda est respectueuse, ouvre les débats et chuchote des messages entre ses lignes. Elle n’est pas réelle, mais tout ce qui fait d’elle, elle, l’est et elle forme un excellent exemple pour débuter quelque chose dans nos réflexion et nos perceptions à nous, lecteur.
Maggie à la place qui convient. Elle apparaît au bon moment, est présente sans imposer quoi que ce soit et apporte à l’histoire et à Lucinda.
Les enfants de Lucinda sont touchants, chaque scène ont leur importance et développe les relations et l’avenir.
La famille de l’héroïne, sa mère, sa sœur, son père, complète le tableau avec leur propre caractère et difficulté.
On suit vraiment un petit monde, leur combat et leur victoire à transposer plus large dans notre vie.
« En tant que femme, je porte l’histoire de ma mère et celle de ma grand-mère. Je porte leurs espoirs et leurs doutes, là quelque part dans mon corps et dans mon esprit. Mon histoire familiale a défini, au moins en partie, la personne que je suis. » page 134
Style
Les phrases sont très belles. J’ai surligné beaucoup de choses. On sent une plume mature, qui sait de quoi elle parle et qui a besoin de les dire.
Je connaissais le style d’Eva Orbelune, avec « Le destin du Magisteur » (une fantasy chorale aux thèmes tout aussi joliment menés qu’ici et que je vous conseille si vous êtes plus imaginaire que contemporain (clic sur le titre souligné pour accéder à la chronique)), et j’ai retrouvé ce côté « proche des personnages », symbolique et facile à suivre. Tout en abordant des sujets durs, je ne me suis pas senti mal en lisant et c’est une belle force je trouve dans ce genre de récit.
Conclusion
Une lecture à la hauteur de ce qu’elle promet. « Le voile entre les Mondes » est une porte ouverte aux messages et aux voix des femmes dans le monde qui nous relit tous. Un texte bien amené, aux réflexions fondamentales, avec des personnages attachants et qui guide le récit avec bienveillance tout en étant réel, dans ses bas et ses hauts.
Si cela vous parle, n’hésitez pas. À lire et à offrir !
« Si je veux avancer, c’est vers le futur que je dois me tourner. » page 36
Les cartes de Tahsin

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