Le Cri Soleil – Siècle Vaëlban – Bigbang – Avis littéraire

Introduction
Un roman singulier, aussi doux que brûlant.
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Peut-être avez-vous lu « Plein Ciel » de Siècle Vaëlban ? Moi non, je dois vous l’avouez, et j’avais envie de découvrir cette autrice par un titre plus court. C’est pourquoi j’ai craqué pour « Le Cri Soleil », un one-shot de moins de 300 pages aux éditions Bigbang et magnifiquement illustré par Elsa Roman. Je l’ai lu sans prendre connaissance de son résumé, intriguée par quelque chose au fond de moi qui voulait comprendre par elle-même ce titre, cette couverture, cet étonnant jaspage coloré et l’enthousiasme que je voyais dans les recommandations littéraires d’Instagram.
Prêt ?
Résumé :
Dans un monde envahi par le froid et les ténèbres, Phare est un Cri Soleil à l’apogée de sa puissance. Enfant, il a été doté par la secte du Phénix de pouvoirs aussi puissants que terrifiants grâce auxquels il dispense la chaleur du jour à la dernière Cité Lumière. Épuisé par une vie de labeur, il aspire désormais au repos.
Nour est un disciple du Serpent et l’un des postiers nomades qui assure la liaison entre les hameaux du sud. Sa vie bascule lorsqu’il doit prendre en charge une dangereuse fillette aux yeux de lave.
Odanaï a grandi dans la Cloche Cathédrale dont elle aime tous les habitants. Un jour, cependant, un inconnu frappe à leur porte, charriant dans son sillage la menace latente des Bois Dormants.
Au cœur du monde froid, les voilà partis en quête d’une nouvelle vie – mais où trouver le soleil véritable lorsque chaque pas est aspiré par la glace, la pénombre et la solitude ?
Fresque de Fantasy inspirée du mythe solaire d’Akenathon, Le Cri Soleil est un récit empreint d’humanité où l’espoir et la lumière brûlent encore, même dans la plus obscure des nuits.
Univers et Style
C’est complètement original. On découvre un bout de monde entier avec leur problématique, leur technologie, leurs rôles dans la société, leur survie. Enfin, je dirais plutôt que l’on plonge dans tout ça. Complété par un style très joli, parfois à la limite entre la simplicité et la poésie. On sent vraiment quelque chose de travaillé, qui veut donner quelque chose de plus, de majeur même à son intrigue rien qu’avec les mots choisis.
C’est une lecture avec laquelle j’ai dû prendre du temps, pour m’imprégner de l’ambiance et comprendre pas à pas la complexité de ce qui avait été créée. C’est très accompli, pas forcément très explicatif, comme des feuilles volantes à rattraper et à lier. On y arrive, c’est fait pour et ça nous laisse le temps d’explorer ce que l’on veut comprendre de cette lecture. Alors oui, singulier, mais à découvrir !
« Quelle que soit l’importance d’un service, celui ou celle qui en assure la charge n’en garde pas moins son humanité et toute humanité a le droit de poser le bâton pour contempler la montagne. » page 40
Histoire et Personnages
Les deux sont si complémentaires que je ne peux pas parler d’eux séparément. Ce roman est, à mes yeux, une prise de parole humaine, qui essaie de faire entendre des cœurs, des âmes et des préceptes. On suit trois personnages.
Le premier, c’est Phare. Celui qui m’a le plus touché. Celui aussi au vocabulaire qui m’a été le plus inconnu (ou alors parce que je me suis plus attardée dessus ?). J’ai profondément aimé sa construction et ai été peiné par ce qu’il dégageait. C’est pour lui que j’ai versé une larme à un moment. Une histoire de deuil, de pardon, de liberté, de choix, de devoir, de dévotion et d’humanité imparfaite.
Nour est mon second personnage préféré. Sa compassion, ses colères, ses réalisations, ses désillusions et l’amour au final.
Enfin, Odanaï. Sa naïveté est retranscrite avec bonté et elle offre une vue sur des personnages et des messages originaux. C’est personnellement celle qui m’a laissé le plus « froide » et dont j’aurais voulu quelque chose de plus pour terminer son histoire.
L’intrigue se construit ainsi autour d’eux. Une dernière citée lumière, une forêt maudite, et des cloches, lieux d’habitation variés et plein de secrets. Les coûts humains de tout ceci, c’est ça le cœur.
« — Parfois, lui dit la femme, un peu de toi doit mourir pour que ta nouvelle forme puisse émerger. » page 138
Conclusion
Une lecture très belle, mais je dois vous avouer quelque chose. J’en suis sorti en ayant eu l’impression d’avoir inséré ma clef dans la serrure de ce roman, d’avoir commencé à tourner et d’être restée bloqué. J’ai fini en me disant que je devrais le relire, à un moment où j’aurais besoin que ce que je venais de découvrir raisonne vraiment en moi. J’ai aimé cette histoire, j’aurais voulu qu’elle plante une graine et je pense que ce sera possible un jour. Aujourd’hui, j’ai passé un moment un peu hors du temps, dans une culture inconnue, mais qui m’a donné envie d’en savoir plus sur ce fameux mythe solaire d’Akenathon. Et surtout, la partie « autrice » en moi, elle, a appris quelque chose : que l’on avait le droit d’écrire de l’humain et que ça touchait les gens. Que transmettre, c’était ça, même si ça ne marche pas toujours à l’instant T.
Alors, oui, je vous le conseille. Il mérite de la visibilité, même s’il peut paraître parfois un peu sombre et complexe, fermer la dernière page en vaut la peine. Écouter ses messages aussi, c’est pour ça que je n’en dirais pas plus.
« — Tu as le droit d’être en colère. Tu as le droit de souffrir. Mon histoire, c’est mon histoire. Et ton histoire n’est pas moins périlleuse, juste différente. » page 153
Les cartes de Tahsin

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