Les Engendrés – Charlène Lefèvre – La goutte créative – Avis littéraire

Introduction
Trouver comment voir clair sous l’eau, pour mieux comprendre d’où l’on vient et où l’on va.
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Cap sur Térence, une planète à explorer à la manière de la Fédération ! Quelle manière ? Vous allez voir ! Aujourd’hui, on parle du dernier livre de Charlène Lefèvre : « Les engendrés » aux éditions libres la goutte créative. Un huis clos de science-fiction très accessible !
Résumé :
Et si la sagesse venait de l’extérieur ?
Ugonie et Zach se retrouvent piégés sur Térence, une planète recouverte d’un immense océan, aux confins des territoires connus de la galaxie. Alors qu’ils cherchent désespérément le remède capable de sauver l’humanité, leur mission tourne au drame. Isolés, vulnérables, les seuls alliés sur lesquels ils peuvent compter sont les animaux qu’ils engendrent sur place.
Cette fois, c’est leur survie qui dépendra de Celestia, une baleine prête à tout pour les aider. Mais les abysses sont loin d’être le seul danger qui les guette…
Un huis clos de science-fiction profond, mêlant tension et émotions. Une invitation à réfléchir à l’exploitation animale et à l’exploration spatiale.
Histoire
Dès les premières pages, j’ai été intriguée et embarquée avec Ugonie et Zach. À la poursuite de leurs rêves, rien n’arrêtera nos deux héros, pas même ceux qui embauchent et gèrent les recherches spatiales à la poursuite d’un remède capable de sauver l’humanité.
À bord de la Torpille, j’ai, comme eux, atterri sur cette planète-océan dans lesquels ils devront survivre 100 jours. Une situation d’urgence qui les plongera dans les abysses de leurs états d’âme et de leurs secrets.
Univers
Tout se déroule en huis clos, au fond d’un océan sensiblement incertain. Nos deux héros doivent donc prendre des décisions quant à leur survie. Pour les aider, à bord de leur vaisseau leur est attribué de quoi engendrer des espèces animales modifiées à leur convenance et à celle de la planète à explorer. C’est cette exploitation et cet attachement ou non à cette vie donnée qui forme l’enjeu du roman. Une sensibilité à la fois biologique et intime grâce au point de vue de Célestia, la baleine qui aidera nos héros dans leur quête sur Térence à comprendre les nuages. D’ailleurs, ce nom de planète ne me paraît pas si anodin que ça, mais ça, c’est dans ma tête ;).
Ainsi, ce texte présente une certaine simplicité dans un monde aussi effrayant que peut l’être pour les non-initiés (dont je fais partie) la Science-fiction, ce qui est rafraîchissant ! Ce roman s’inscrit dans son genre, mais garde en tête les thèmes qu’il aborde pour se centrer sur eux. L’effet rend dynamique et abordable tout en laissant visualiser assez l’univers pour s’ancrer nous en tant que lecteur dans l’histoire.
Il reste tout de même quelques informations distillées, de quoi écrire une suite, un préquel où laisser le soin aux lecteurs de s’imaginer plus loin dans l’espace et l’univers de ce roman. Mais rassurez-vous, ce roman à une vraie fin tout de même !
« La puissance de son amour pour ses engendrés, ceux qu’elle avait fait naître et laissés sur tant de mondes, la saisit à la gorge. Elle aurait souhaité qu’il soit inconditionnel, mais Ugonie ne se leurrait pas sur le caractère asymétrique et prédestiné de cet attachement. Il était entaché par l’ombre de la fédération, là où il aurait dû être consenti et sincère de part et d’autre. » page 173
Style
Le style de Charlène Lefèvre se démarque par une grande sensibilité ainsi qu’une maîtrise des sujets abordés. Quand le texte se lance dans des explications, ou des scènes précises, il le fait consciencieusement. C’est un point important pour moi, que le texte propose quelque chose de réaliste avec les règles de son monde.
La beauté de la plume se confirme aussi par les valeurs et les émotions, grande part du récit. Un attachement pile comme il le faut, qui se dévore autant qu’il reste dans l’âme.
Personnages
J’ai beaucoup aimé l’humanité des personnages. Ils font des erreurs et les réparent comme ils le peuvent.
Ugonie est intelligente, loyale et affronte ses émotions.
Zach est renfermé, tente d’être compréhensif et tu sens un petit quelque chose de plus. (Un petit peu mon préféré lui <3)
Célestia, notre baleine, est un peu la bouffée d’air de ce huis clos (pas dans le sens où le livre est angoissant, pas du tout, plutôt dans cette autre compréhension du monde, cette nature à la fois belle et fragile, différente et si similaire et à l’intellect trop mis de côté).
« Les Engendrés » sonne vraiment comme une histoire entre battement de cœur et intelligence émotionnelle.
« Célestia ne nous ressemble pas physiquement, mais pour ce qui est des sentiments, des sacrifices, des émotions, elle est comme toi et moi. Meilleure, sûrement, même. » page 165
Conclusion
J’ai avalé ce récit en moins de 24h (après avoir fait le fameux « encore un chapitre » jusqu’à 4h du matin xD). J’ai aimé découvrir les personnages, les liens qui se tissent, ce qui a mené les héros jusqu’à ce moment de leur histoire et où ça les mènera.
C’est un beau et court récit, qui tient ses promesses. Je comprends et respecte le choix de le garder doux et accessible, parce qu’on a aussi besoin de ces textes-ci dans le monde du livre.
Je le conseille donc à tous ceux réceptifs au sujet de l’exploitation animale, du lien avec la nature et de l’acceptation de sa propre sensibilité aussi comme une force. ET argument imparable qui doit devenir encore plus imparable, aux amoureux des baleines qui ne chantent pas assez fort.
Autre livre de l’autrice
Si ce sont les plantes, la nature face aux humains, les liens d’âmes qui vous plaisent, mais que vous cherchez tout de même une Science-fiction belle, sensible, accessible, je ne peux que vous conseiller le premier roman de l’autrice Charlène Lefèvre avec « Lame de la forêt » (<- clique pour lire la chronique).
J’ai vraiment découvert un espace sain, rassurant et agréable dans ses textes, alors je ne peux que vous inviter à la suivre (Lien de son Instagram).
Les cartes de Tahsin

Si tu aimes

Je vous présente ces deux-là ensemble surtout pour l’idée de commencer à lire de la SF avec. Je pense qu’il est clair que « Une nuit infinie » (chez Rivka) est une romance-sf, ce qui n’est pas du tout le cas de « Les Engendrés », mais on retrouve dans les deux cas ce côté huis clos addictif, ce petit côté « enquête » à essayer de comprendre des évènements/éléments étonnant jusqu’à la révélation.
En-tout-cas, en tant que pratiquement non-lectrice de Science-fiction, ce sont deux titres que j’ai adoré tant pour leurs ambiances, que leurs personnages et les surprises qui se trouvent à l’intérieur. Alors peut-être que vous aussi ?
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