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Blackwater, tome 1 – Michael McDowell – Monsieur Toussaint Louverture

Introduction

J’ai eu l’impression de me faire manipuler…

Blackwater de Michael McDowell, le phénomène d’avril et juin 2022 ! Et pour cause, cette nouvelle édition parue chez Monsieur Toussaint Louverture est envoutante ! Une couverture magnifique et une sortie en grande pompe ressemblant à celle d’une série avec un tome toutes les deux semaines c’est tout ce que le public attendait ! Une communication au petit oignon qui a absolument tout compris et qui a fait de cette saga un franc succès.

Petit contexte tout de même, Blackwater est une réédition d’un livre publié pour la première fois en 1983 aux États-Unis, écrit par un homme qui est de base scénariste. Et ça se voit !

Sauf que, l’extérieur c’est bien, mais dans un livre, il y a aussi l’intérieur.

Alors, de quoi parlent les 256 pages de ce premier des 6 tomes ?

Résumé :

« Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l’Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l’implacable crue de la rivière Blackwater.

Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s’apprêtent à se relever… mais c’est sans compter l’arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d’une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey. »

Style

La première remarque concerne les répétitions. Parce que oui, ce livre se répète souvent. Le texte tourne parfois en boucle sur des informations qui ne sont pas particulièrement pertinentes.

Ce livre manque de Show don’t tell à mes yeux. Il dit, mais ne montre pas ou peu. Il reste en externe de l’histoire, décrivant plus les effets de ce qu’il se passe plus que ce qu’il se passe en lui-même.

C’est un style très cinématographique, peu littéraire et qui lui fait être insistant sur ce qu’il veut dire au lecteur. Le problème, c’est l’effet que ça peut avoir.

Par exemple, dès les premières pages, le livre veut absolument te prouver que ce qui se passe dedans est étrange. C’est comme si on assistait à une scène et que quelqu’un venait te souffler à l’oreille « c’est bizarre non » alors que si on y regarde de plus près, ça ne l’est pas tant que ça au début pour moi et que ça pourrait être autre chose. Seulement, ce livre ne veut pas que tu aies des hypothèses et avec moi, c’est un stop ça. Réaction de mon cerveau : il m’a sortie de l’histoire et n’a pas voulu que j’y rentre. J’ai refusé de laisser l’histoire manipuler mes perceptions et mes réflexions sur le livre. Moi, tout ce que j’ai vu, c’est un village complètement paranoïaque qui se faisait des films jusqu’à avoir des hallucinations. Et j’aurais trouvé que c’était du génie si Blackwater était un one-shot qui veut te prouver qu’en se montant la tête, on voit des trucs qui déforme la réalité. Sauf que non, c’est une saga fantastique, et oui, Elinor est bizarre.

À partir de là, forcément, j’ai perdu ce qui fais la force du livre chez beaucoup.

Univers

On sait peu de chose sur cet univers dans ce premier tome, si ce n’est rien en fait.

Ici on se concentre sur l’entrée d’Elinor chez les Caskey entrecoupé de moment étrange ou horrifique. On comprend sans comprendre que dans cet univers du 20e siècle parfaitement normal se cache un univers avec des créatures fantastique dont les intentions sont floues.

Le tome 1 de Blackwater raconte avant tout une histoire familiale avec ses complots, ses préjugés et ses manipulations. 

Histoire

La vérité est que je n’ai pas détesté ma lecture, elle m’a juste était dérangeante.

Les manigances de cette famille dans leur quotidien sont assez intrigantes pour continuer à lire. La scène de vraie horreur vers la fin est bien, très visuelle.

Malgré le sentiment de malaise, voir malsain, c’est mystérieux, surnaturel et addictif. Le conflit familial est super intéressant avec son côté stratégique et vicieux. Elinor et le livre en lui-même rentrent dans la tête des personnages et du lecteur pour leur imposer des croyances qu’ils croient avoir construites eux-mêmes. Sur ça, c’est très bien fait. On ne voit pas forcément venir jusqu’où est prêt à aller le personnage pour ses ambitions et je comprends totalement que si tu accroches à ce tome 1, tu te jettes sur la suite parce que c’est fait pour !

Et même si les personnages restent en surface et qu’on en connaît très peu sur eux pour l’instant, on arrive tout de même à les cerner et à les trouver crédibles.

Quant à l’attention aux décors, ils sont à la limite de l’horrifique et du cinéma. On voit ici vraiment le côté scénariste de l’auteur.

Si tu aimes

L’idée de ce « si tu aimes » ici, est plus dans l’ambiance. Si tu es fan d’horreur, de sentiments malsains dans un univers qui reste assez réaliste, mais avec sa part d’horreur, Franck Tilliez est pour toi !

D’où pourquoi les deux ne sont pas pour moi, je ne suis guère fan de ça, mais j’aime essayer des choses pour apprendre à me connaître.

Conclusion

Je ne suis malheureusement pas rentrée dedans.

J’étais parasitée par des messages du livre et la vision qu’il m’a semblait imposée. C’est un sentiment et une façon d’écrire que je n’ai pas apprécié, mais je sais qu’elle plaira à d’autres qui réussiront à s’immerger dedans et à faire la part des choses. Moi je n’ai pas réussi, alors je ne pense pas que je lirais la suite, mais je salue le travail de ce bouquin qui pourrait bien être plus sanglant au fil des tomes.

Une nouvelle sortie est d’ailleurs prévue pour le 6 octobre « Les aiguilles d’or », de quoi ravir les nombreux fans de l’auteur, je n’en doute pas !

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2 commentaires

  • Nello Barto

    Je suis assez d’accord avec ton avis, notamment sur ce qui est du “Show don’t tell”. Cela se ressentait déjà avec l’introduction des personnages, qui commence systématiquement par une description physique de ceux-ci (d’ailleurs, en parlant de répétitions, l’auteur doit beaucoup aimer l’expression “avoir des formes anguleuses” pour l’utiliser autant…). C’est quelque chose que je réalise de plus en plus ne pas trop apprécier dans les livres (récemment j’ai essayé de lire du Harlan Coben et PLUS JAMAIS, on aurait dit une chronique Wattpad où la protagniste décrit ses vêtements marque par marque en début de chapitre), et je l’ai beaucoup ressenti sur Blackwater.
    Le scénario/l’intrigue était assez prenante cependant et c’est clairement elle qui m’a fait tenir le coup (les relations entre personnages à la games of thrones etc…), Et si je devais lire la suite ça serait uniquement pour ça.

    • Clara

      Merci pour ton commentaire, j’avoue qu’il m’a beaucoup fait rire xD Pertinent et avec la bonne dose d’humour et de franchise !
      Je comprends totalement ton point de vue et je serais curieuse d’avoir ton avis si l’envie te prend de continuer la saga !

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